08 – Autoédition, comment vendre son livre en librairies ?

As-tu déjà rêvé de voir ton livre dans les rayons d’une librairie ? Rangé à côté des auteurs que tu affectionnes… 

C’est possible, même en autoédition. Aujourd’hui, mon livre est présent en vitrine, ou sur un présentoir, une table ou dans les rayons d’une douzaine de librairies. Installe-toi, prends de quoi noter, je vais t’expliquer comment j’ai procédé. 

Je réalise la distribution et la diffusion de mon livre seule. Même lorsque quelqu’un commande un livre à la Fnac, c’est moi qui l’envoie.

Avant tout, faisons un petit rappel de ce que sont la distribution et la diffusion, car il y a une nuance entre les deux. 

À date, je ne suis pas passée par un éditeur ou un distributeur. Je réalise tout moi-même. C’est un choix et il n’est clairement pas obligatoire. Ce choix tient à beaucoup de critères, dont le prix, son genre littéraire de mon livre, son format ou encore, le fait qu’il soit illustré. 

Dans cet épisode, je vais donc me concentrer sur la distribution en librairies. Peut-être que je testerai les autres options pour mon second livre, mais pour l’heure, je préfère te parler de ce que, moi j’ai testé.

1 – Tâches administratives et légales

Il y a quelques points juridiques et administratifs dont il faudra que tu t’acquittes afin de pouvoir vendre ton livre en librairies.

Ton livre doit contenir un ISBN composé de 13 chiffres, identique à l’ EAN.

C’est un peu la carte d’identité de ton livre. Il est placé en 4e de couverture, en bas de page. Tu peux commander des ISBN auprès de l’AFNIL. 

Tu devras également pouvoir établir des factures à la demande des librairies et donc pour cela avoir créé ton statut juridique. Les auteurs autoédités ont en général le statut de microentreprise. Ce qui te permet d’avoir un SIREN, un des éléments devant obligatoirement apparaître sur une facture. 

Cette même facture comportera également la remise fournisseur et les conditions de paiement. Elles peuvent être différentes d’une librairie à une autre, il te faudra donc faire preuve de flexibilité et d’organisation pour t’y retrouver et suivre tes ventes dans chaque librairie. Pour info, la marge libraire est entre 30 et 40% en moyenne du prix de vente toutes taxes comprises.

2 – Les options de diffusion en librairies

Cela étant dit, passons au coeur du sujet. En autoédition, à ma connaissance, il existe deux options pour vendre ton livre en librairies : soit la librairie effectue une commande de tes livres auprès de toi, soit tu réalises un dépôt-vente.

Dans le cas de la commande, la librairie achète une quantité de livres en amont, avec la remise négociée. Une facture reprenant le total des livres achetés est émise et lors du point stock, à la date convenue, si tous les livres ont été vendus c’est super. Dans le cas contraire, tu devras le rembourser du montant correspondant aux invendus, les récupérer et bien penser à faire un avoir. 

Dans le cas du dépôt-vente, vous vous accordez sur un nombre de livres pris par la librairie, pour lesquels tu seras payé.e s’ils sont vendus. La fiche de dépôt-vente permet de garder un suivi du stock et comporte toutes les informations indispensables pour faciliter le suivi des ventes. La fiche contient le nom de la librairie, la date de dépôt, le nombre de livres déposés, en stock, vendus, la remise, bref tous les éléments indispensables à un suivi rigoureux des ventes de ton livre. Si cela t’intéresse, je t’ai mis parmi les ressources gratuites sur mon site, un exemple de fiche. N’hésite pas à personnaliser cette fiche au besoin. 

Il existe donc deux méthodes pour diffuser ton livre en librairies en autoédition. En général les libraires choisissent cette option, qui est plus libre et leur évite de trop s’engager. 

Je te recommande vivement de t’adapter aux conditions demandées par ton libraire. Dans un précédent épisode, le 6, je te parlais des choses que j’aurais aimé savoir avant d’autoéditer mon livre. La mauvaise réputation dont souffre l’autoédition en fait partie. Et elle se ressent malheureusement avec certaines librairies. 

C’est donc très important d’avoir une attitude qui va dans le sens de ton ou ta libraire. C’est à toi de t’adapter, et non l’inverse, quitte à fonctionner au cas par cas.

Pourquoi ? Parce que la gestion de l’auto-édition pour une librairie peut s’avérer être très compliquée. Cela ajoute des contraintes logistiques.

Un exemple : j’ai eu à trois reprises la frayeur de voir mes livres « disparaitre ». Je venais faire un point stock et le libraire ne pouvait pas me dire s’il en avait vendu ou non. La recherche dans ses fichiers était fastidieuse, car mon livre n’est pas rentré par la voie classique dans sa logistique. Heureusement, on finissait par découvrir que les exemplaires avaient bien été vendus. Tu me diras, les problèmes de logistiques arrivent partout. C’est vrai. Mais je préfère ne donner aucune raison au libraire de ne pas reprendre mes livres. Et la difficulté de logistique pour l’auto-édition est souvent l’argument le plus avancé par les libraires refusant de faire entrer des livres autoedités.

Bref c’était un aparté.

3 – choisir ta zone et les librairies

Une fois que les précédentes étapes ont été réalisées, tu peux choisir le réseau et la ou les librairies par lesquelles tu souhaites commencer pour y proposer ton livre.

Il y a beaucoup de choses que tu dois faire en autoédition. En fait tout, qu’on se le dise. Il faut donc limiter le temps passé à faire autre chose que les activités liées au fait d’augmenter ta visibilité et à la vente de ton livre. Perdre du temps dans les transports pour te rendre dans les librairies où ton livre est distribué n’est donc pas une option.

J’ai donc commencé par la librairie la plus proche de chez moi. Et j’ai eu beaucoup de chance, car l’équipe sur place a accepté le dépôt-vente, m’a expliqué certaines choses et a été patiente. Ils m’ont permis de me faire la main d’une certaine manière. À noter que l’équipe a tenu à d’abord lire le livre avant d’accepter ou non de le diffuser. Si ce cas de figure se présente pour toi, accepte-le. Cela peut augmenter les délais avant lesquels ton livre sera disponible en rayon, mais comme  je te le disais, le libraire est roi en autoédition. 

Donc ce premier rdv s’est bien passé. Pourtant, je me suis dit que, pour les prochains, je me sentirais plus confiante si j’avais un petit dossier avec quelques éléments. Quelques avis lecteurs, une fiche résumant les points essentiels de mon livre, à qui il s’adresse, pourquoi il mérite d’avoir une place en rayon, etc…

Eh bien, je n’ai jamais eu à utiliser ce dossier. Pourquoi ? Parce que mon livre est sa propre carte de visite. Lorsque la librairie acceptait l’auto-édition, il suffisait que le ou la libraire feuillette le livre pour qu’il/elle accepte de l’intégrer en rayon. Et même pour les cas où la librairie m’avait dit ne pas accepter l’autoédition ou refuser la poésie, eh bien après avoir ouvert mon recueil, il/elle changeait d’avis ! Je suis fière que mon recueil de poésie illustré parvienne à provoquer ce genre de réaction et puisse de lui-même par sa qualité se frayer un chemin dans les librairies.

Aujourd’hui, tu peux donc retrouver mon livre dans dizaine de librairies en région parisienne. Petit à petit, j’augmente leur nombre. Peut-être que je passerai à une diffusion dans d’autres villes, selon la taille des contraintes juridiques. Mais je suis assez fière à chaque fois que je passe dans l’une d’entre elles, de voir mon recueil à côté d’auteurs et d’autrices connu.es. Pourvu que cela dure !

J’espère que cet épisode t’a aidé et a pu répondre à tes questions.  

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